Les loopings de Maurer

Publié le par JFT

Que la politique du ministre de la Défense est riche d'enseignements et sur le fonctionnement dudit département, et sur la mentalité de son détenteur. Il s'est enfin expliqué, Ueli Maurer. Il est enfin venu dire devant la presse pourquoi, malgré un rapport accablant, il avait quand même trouvé le Gripen digne de sa Plus belle armée du monde. Eh bien, tout simplement, parce que ce rapport, il l'a jugé "insignifiant".

 

"Dimanche, j'ai dit que je ne le connaissais pas", car la presse dominicale le présentait comme nouveau. "Mais je me suis trompé et j'ai réalisé hier que j'avais connaissance" de ce document qui remonte à quatre ans (hier encore pourtant, sa porte-parole affirmait qu'il l'ignorait bel et bien). Pour mémoire, rappelons que ledit rapport est signé par le Commandant de corps Markus Gygax, chef des Forces aériennes suisses. Lequel doit apprécier de voir comment son ministre note son travail... Mais bon, Maurer prétend qu'à l'époque, ce document n'était qu'partie de l'évaluation qui fit que, depuis, les Gripen ont reçu la mention "satisfaisante". Et Maurer de se couvrir: le Conseil fédéral aurait choisi le Gripen en toute connaissance.

 

A ce stade, on ne sait si Maurer s'enfonce un peu plus, ou s'il nous a trouvé une superbe pirouette... Car enfin, ça revient à dire que son Etat-major a bossé pour beurre; ça revient à dire qu'il a bien dû sortir de son képi un autre rapport, contredisant le premier, et cette fois favorable à l'avion; ça revient à dire que d'expertises en expertises, la seule constante du dossier est l'amateurisme de sa gestion ... Mais il reste une question: que dit-il, ce second rapport? En d'autres termes, les critères d’acquisition ont-ils été modifiés en cours de route, étant donné que l'avion testé, lui, est resté le même? Là, Maurer ne répond rien, ni quand, ni comment.

 

Au lieu de ça, Maurer nous refait une pirouette. Juste après avoir rejuré que le Gripen est l'avion idéal pour son armée, le voilà soudain qu'il annonce être prêt à examiner une nouvelle offre de la part du principal concurrent du Gripen, le Rafale de Dassault. Comme par hasard, c'est celui que le premier rapport avait le mieux noté... Espère-t-il ainsi s'en sortir? Mais ignore-t-il donc que dans les sables mouvants, que l'on avance ou que l'on recule, cela revient au même?

 

 

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Publié dans Coup de gueule

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